Histoire de Pabu

Calvaire du Croissant
Le calvaire du Croissant

Il semble avéré que la dénomination « Pabu » provient de l’ancien breton « Pabu » (évêque), terme de déférence signifiant Père, mais aussi Evêque ou encore Père-fondateur d’un lieu consacré (ou supérieur monastique). Saint Tugdual, ou Tudwal, ou Tudgual (suite à une faute de copiste) vint de Grande-Bretagne en Armorique au VIè siècle, avec soixante-douze de ses disciples parmi lesquels sa mère, Sainte Pompée (Koupaïa en breton), et sa sœur Sainte Sève. Il est le fondateur présumé du monastère de Landreger, dit Tréguier et il a, sans le vouloir, donné son nom à la paroisse de Pabu.

L’époque gallo-romaine nous a laissé quelques empreintes avec la voie romaine reliant les baies de Bréhec et de Douarnenez qui traversait Pabu. Partant de Parc Marvail, elle passe derrière Le Minguével, puis traverse entre Pen Ker et le Petit Kermin avant de poursuivre à travers le bois de Pommerit-le-Vicomte. Ces voies n’étaient probablement pas pavées, mais elle furent sans doute empierrées.

D’origine incertaine, le nom Trivis, désignant l’une des quatre dîmeries de la paroisse de Ploumagoar, pourrait être une prononciation locale de Trevez (trève, hameau, lieu habité). Ou encore, la trève de la Pointe, en raison de la configuration des lieux entre le Trieux et le Frout. Encore recensé en 1946, le lieu-dit de Lizandre toponyme que donne « Lis en Drev », c’est-à-dire la cour de la treb ou tref, en l’occurrence Trivis.

En 1673, Pabu est le siège d’une chapellenie dite de Keranré (Keranres en 1532), connue aujourd’hui sous le nom de Kerhré ou La Poterie. Cette chapellenie est, à cette époque, à la nomination du seigneur de Munehorre (ou Menehorre) et le chapelain était désigné par le seigneur.

En 1711, les habitants de la dîmerie de Trivis adressent une supplique à Monseigneur l’Évêque, Comte de Tréguier, pour obtenir l’érection de l’église actuelle, alors en construction, en église tréviale ou paroissiale. Cette dîmerie devient une trève (paroisse succursale) de Ploumagoar le 14 avril 1747 (soit 35 ans après la supplique) et prend le nom de Pabu en l’honneur de Saint-Tugdual, son Saint Patron.

L'église Saint Tugdual de nuit
L’église Saint Tugdual de nuit

Pabu élit sa première municipalité le 29 janvier 1790 et elle devient paroisse en 1803. Le territoire de Pabu s’est accru le 20 août 1822 de l’enclave de Kergoz (ou Guer-Noz), dépendant de Ploumagoar.

Les potiers peuplaient les villages de La Poterie et de Kerez. L’argile était extraite à Kervenou en Pommerit-le-Vicomte. Jusqu’en 1914, on y fabriquait des pots, des jattes, des cruches, des ribots, mais aussi des briques, des tuiles ainsi que des épis de faîtage. Ces épis de faîtage étaient encore présents sur le toit de l’église avant sa restauration ; ils sont encore visibles dans le hall de la mairie, où ils sont exposés dans des vitrines.