Calvaire du Croissant 
Pabu vient de l’ancien breton « pabu » (évêque), terme désignant autrefois Saint Tugdual, fondateur présumé du monastère de Tréguier. En 1673, Pabu est le siège d'une chapellenie dite de Keranré (Keranres en 1532), connue aujourd'hui sous le nom de Kerhré ou La Poterie. Cette chapellenie est, à cette époque, à la nomination du seigneur de Munehorre (ou Menehorre) et le chapelain était désigné par le seigneur.

À l'origine, il y eut le territoire de « Tre Biz » la trève de la Pointe, entre le Trieux et le Frout. Encore recensé en 1946, le lieu-dit de Lizandre toponyme que donne « Lis en Drev », c'est-à-dire la cour de la treb ou tref, en l'occurrence Trivis. Trivis était une des quatre dîmeries de la paroisse de Ploumagoar.

En 1711, les habitants de la dîmerie de Trivis adressent une supplique à Monseigneur l'Évêque, Comte de Tréguier, pour obtenir l'érection de l'église actuelle, alors en construction, en église tréviale ou paroissiale. Cette dîmerie devient une trève (paroisse succursale) de Ploumagoar le 14 avril 1747 (soit 35 ans après la supplique) et prend le nom de Pabu en l'honneur de Saint-Tugdual, son Saint Patron.

Pabu élit sa première municipalité le 29 janvier 1790 et elle devient paroisse en 1803. Le territoire de Pabu s'est accru le 20 août 1822 de l'enclave de Kergoz (ou Guer-Noz), dépendant de Ploumagoar.
Vue générale du transept
Les potiers peuplaient les villages de La Poterie et de Kerez. L'argile était extraite à Kervenou en Pommerit-le-Vicomte. Jusqu'en 1914, on y fabriquait des pots, des jattes, des cruches, des ribots, mais aussi des briques, des tuiles ainsi que des épis de faîtage. Ces épis de faîtage étaient encore présents sur le toit de l'église avant sa restauration ; ils sont encore visibles dans le hall de la mairie, où ils sont exposés dans des vitrines.

...Le Patrimoine

Si Pabu ne possède pas de monuments historiques protégés par la Loi, on peut toutefois signaler les bâtiments suivants, dont la plupart sont des demeures privées qui ne se visitent pas :

L'église Saint-TugdualL'église Saint-Tugdual est en forme de croix latine avec chevet et ailes à pans coupés, et dispose d'une chapelle des fonts en face du porche du midi. Elle date du XVIIIè siècle et porte diverses inscriptions : sur le bras sud, la date de 1711, sur le portail : la date de 1750, sur la façade occidentale, la mention : « Par le Général de Pabu en 1782, Y. Huon Curé I: Le Beuf F. », et sur le pignon de la chapelle des fonts : « Yves Prigent Gouverneur ». Cet édifice a succédé à un édifice plus ancien mentionné sous le nom de chapelle Sainct Pabu en 1532. Elle a été restaurée en 1826 et la charpente et la couverture ont été entièrement refaites en 2008.

Son mobilier comprend : des autels du XVIIIè siècle ; des fonts baptismaux de 1747, des statues diverses, notamment celles de Saint Tugdual, Saint Yves, Saint Jacques le Majeur, Saint Roch, Saint Vincent, Saint Quentin. Ce dernier est le patron des potiers qui étaient nombreux autrefois ici, et sont mentionnés dès 1498. Ils ont disparu aujourd'hui. Les cloches portent les noms de Tugdual (ré aigu) et Yves (mi aigu). Saint Tugdual, ou Tudwal, venu de Grande-Bretagne au VIè siècle et premier évêque de Tréguier, était surnommé « Pabu ».

Le château de Munehorre  Le château de Munehorre a été construit entre le XVè et le XVIIè siècle, mais certains éléments seraient encore plus anciens (tourelle), son colombier, sa chapelle, son moulin (Milin-ar-Pont).

Son nom viendrait de " Mein Hoer ", qui signifie pierres d'or en vieux breton (langue antérieure aux XIè et XIIè siècles). Il possédait jadis une chapelle privée ; en 1671, on en distingue deux : «un oratoire» et une chapelle nommée Saint-Pabu.

Le manoir de Kerhuel 
 
Le manoir de Kerhuel (XVIIè remanié aux XVIIIè et XIXè siècles) ou la maison d'en haut était déjà habité au XIIè siècle ; son moulin est en ruine et sa chapelle a disparu. Ce n'était pas initialement une propriété noble, bien que ses occupants aient été d'illustres personnages, et il ne le devint qu'au XVIIè siècle.
 
 

Le château de RunevarecLe château de Runevarec, construit sur les ruines d'un ancien manoir, date de la seconde moitié du XIXè siècle, aujourd'hui lycée rural du Restmeur.
Sa chapelle est dédiée à Saint-Loup, protecteur des troupeaux et réputé pour guérir les épileptiques.
On y a célébré la fête de la Saint-Loup dès 1848 ; la fameuse dérobée en fit la renommée. Cette fête est devenue le festival de la danse bretonne à Guingamp.
 

Le Manoir, le Grand KerminLe Grand Kermin, ancien manoir remanié au XVIIIè, dont il subsiste des parties datant des XVè, XVIè et XVIIè siècles. La toponymie des lieux atteste de l'existence d'une chapelle (dédiée à Saint-Jacques) et d'un colombier disparus de nos jours.

Propriété noble depuis toujours, le domaine a du cesser son faire-valoir direct très tôt ; sous la Révolution, il est déjà affermé, mais les propriétaires y conserveront un «pied-à-terre», sans doute pour la chasse, jusqu'à la dernière guerre.

Le Moulin de Kerhré 
Le manoir de Kerhré porte les dates de 1691,1714 et 1723.

 
Le moulin de Kerhré était plus connu au début du XXè siècle sous le nom de « Milin Mécanique ». Autrefois, il y avait un petit moulin à grain à cet emplacement ; en 1844, Monsieur Gouyon de Coypel, rentier en son château de Munehorre, demanda au préfet l'autorisation d'établir à cet endroit une machine « Le Bonniec » pour teiller le lin, dont il s'efforçait de promouvoir la culture alentour.

Le Moulin de Kerhré
Elle fut accordée et l'autorisation de mise en eau délivrée en 1868. Mixte d'abord (moulin à grain et à teillage), il servit ensuite uniquement à teiller le lin ; capable d'une grande puissance (20 chevaux vapeur en bonnes eaux), c'était l'un des meilleurs moulins parmi les 32 jalonnant le cours du Trieux. Au temps de sa splendeur, il faisait travailler 20 à 25 personnes.
 

 
 
Fontaine 
L'ancien aqueduc romain, dont la partie à arcades constitue la frontière entre Pabu et Guingamp, alimentait le cœur de la ville en eau potable.

Dès 1588, la fontaine de Guingamp est alimentée par un aqueduc qui lui apporte l'eau des sources de Montbareil. Il est remplacé entre 1735 et 1743 par un autre aqueduc plus élevé dont les quatre arcades de 5,20 mètres d'ouverture franchissent le vallon des Lutius (Ru Potin ou Lutin). Cet aqueduc restera en service jusqu'au début du XXè siècle.
 

AqueducA l'origine, les conduites qui reliaient les sources à la fontaine étaient sans doute en poterie ; plus tard, dès le XVIème siècle, elles furent en fonte.

Deux de ces sources débitent toujours leur eau limpide : celle de La Barrière se perd dans les collecteurs d'eaux pluviales du quartier de Montbareil et celle de Parc Marvail (couvent des Capucins) alimente toujours la « fontaine nourricière » qui déverse dans le lavoir public situé à l'angle de la rue de l'Aqueduc et de la rue Joliot-Curie à Pabu.

......... Plan de la commune de Pabu (téléchargement PDF - 13 Mo)